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Avril 1967 - Cimaises
Cimaises
Vous souvenez-vous ? Voici un an, Broodthaers allongeait sur le trot toir de la salle où il exposait, un nombre impressionnant de cages à poules garnies qui eurent le don d'exciter l'ire de tout un quartier. Non, il n'y a pas de poules au Palais des Beaux-Arts. Mais comme l'an dernier chez Cogeime, des œufs, des moules ou tout au moins leurs co ques vidées de leur substantifique contenu. Allez-y voir : nous garan tissons aux grincheux l'effet frus tratoire. Et si vous êtes déçu, passez à côté : Pierre Caille a fait des infidélités à la céramique pour cam per dans le bois, en plus grandes dimensions, ses « Narquois » qui dy namisent de leur claire polychromie le gris puce des salles nouvellement agencées. Dans les grandes salles, la tapisserie polonaise : ces matières parfois inattendues (cuir, laines en écheveaux bruts sur des dessins ou folkloriques ou abstraits). Il y a toujours aux Beaux-Arts l'événement Pistoletto, comme d'ail leurs, chez Françoise Mayer (8, rue du Monastère), l'événement Le Parc Mais ceux-là s'inscrivent aux deux pôles d'un problème dont nous re parlerons plus longuement. Grosemans (galerie Saint-Lau rent) s'intéresse, nous le savons par ailleurs, à la lithographie. Est-ce pour cela que ses abstractions aux sobres coloris s'orientent dans le sens d'une hantise de la troisième dimension vers laquelle toutes ou vrent une fenêtre (cette fenêtre qui naît quasi automatiquement du noir et blanc ?). D'où question : les pro cédés traditionnels sont-ils néces-, sairement moins valables pour ce faire, que les innovations d'un Fon tana qui crève, lui, délibérément la toile?
Même problème chez Janetzky, qui y apporte une solution médiane i (Angle aigu), mais qui entend en prolonger le contenu au delà du problème plastique - le Visible étant quelque chose qui doit être dépassé. Mais que veut atteindre Edmund Kieselbach (même galerie) qui par un procédé de reliefs très élaboré s'arrête (longuement) à touiller les structures cosmiques ? Non sans — c'est frappant — rencontrer (for tuitement ?) dans sa prospection, des formes rappelant celles des or ganes de ce microcosme qu'est l'Homme ? Bruxelles décidément baigne ce,tte quinzaine dans l'insolite. Joska Soosz, Hongrois naturalisé, ye sou vient de son enfance dans les villa ges imprégnés de magie chamani que, et il entend susciter sur la toile les entités qui hantent le monde tangent-démarche parente en som me, de celle du sculpteur de mas ques africain (Maison des .Arts, Schaerbeek). Une contribution qui doit arrêter ceux qui, à la suite de Malraux, et de. Roger Caillois, sui vent les « retours ,aûx sources » qui passent — et pas un peu — au dessus des têtes, et des intentions, des consciencieux imagiers...
Frère Jacques |