Luc JANETZKY
1938 Tirlemont

Peintre. Etudie l'architecture d'intérieure à La Cambre. Va étudier en 1964 avec Gio Ponti à Milan. En 1965, on le retrouve chez Busiri Vici à Rome suite à l'obtention d'une bourse d'étude. Opte résolument pour les arts graphiques. Expose à Lille, Bruxelles, Lens, au Musée d'Art moderne de Paris, à Saint-Tropez, à Anvers et à Ostende. S'installe deux années à Paris où il participe à des expositions privées. S'établira à Washington D.C. dès 1971 et y restera dix-neuf ans, ville cosmopolite et très ouverte aux arts contemporains. Il mettra l'accent sur une exigence totale de liberté pour l'artiste, axiome déjà proposé par Cobra dès 1957 et indispensable à sa vie et à son parcours créatif. Garde néanmoins une grande maîtrise de son travail, ce qui fera dire au critique du Washington Star: "une maturité émotionnelle dans sa profession comme dans sa vie privée".

Le mouvement circulaire vif et épais dans les matières évoque l'œuvre d'un grand lyrique abstrait, l'alternance des teintes chaudes et métalliques lève une harmonieuse sensation de joie sauvage. Nous nous trouvons devant un artiste dont l'extase et le plaisir de peindre sont indispensables pour la conquête de sa liberté. Eve Janssens, dans un numéro de Paris-Match, écrit: "Il y a des toiles avec profils blanc sur blanc qui évoquent l'harmonie, la discipline et l'équilibre." et cela se verra confirmé par l'enthousiasme du public et des acquéreurs. Devenu résident américain, il vend ses toiles conceptuelles ou "punk" avec succès et non dépourvues d'entourloupes comiques: pantalons inspirés par Willem Reich, seins en graphisme de machine à écrire, bougies de voiture usagées, torchons… ces derniers éléments préfigurant le thème aujourd'hui fort exploité des détritus de la société de consommation.

Voulant garder un pied dans le passé, son dynamisme et l'insistance mise sur le mouvement le pousseront à rompre avec l'académisme et à trouver un équilibre esthétique subtil entre la subjectivité et l'objectivité. En 1965, Ivanoe Dinario écrira: "Un peintre du visible, de l'invisible. Un monde de l'espace et de l'infini… Des toiles qui fascinent, étonnent et enchantent." A Londres et à Washington, ses expositions personnelles seront placées sous le haut patronage des ambassadeurs des dits pays. A signaler, sa collaboration avec l'artiste Claude Manesse pour la réalisation d'estampes.

En conclusion, un artiste bien de son temps mais dont l'anxiété existentielle est toujours atténuée et maîtrisée par les distances de l'humour. Prix Goya en 1992 à Bruxelles. Premier prix de la miniature à l'exposition de la Maison du Président Monroe à Washington D.C. Second Prix de la peinture contemporaine à Washington en 1974. Devenu résident américain en 1974. Recommandé sous le titre de coopérant à la culture Américaine. (J. Schneider)